07. Tourisme

Extraits du rapport « Évaluation ex-post du projet de développement du Parc national du Limpopo », consultable sur ce lien.

Concernant le développement du tourisme, le résultat attendu était le développement au sein du Parc national du Limpopo (PNL) d’un tourisme-nature durable et d’opportunités récréatives, l’implication du secteur privé et la promotion d’initiatives touristiques communautaires dans et autour du PNL. Le développement du potentiel touristique est demeuré limité au cours de la mise en œuvre de ce projet.

 

 

Statistiques touristiques et revenus générés

Le nombre d’entrées dans le Parc national du Limpopo (PNL) a été globalement stable sur la période 2007-2011, avec environ 22 000 personnes chaque année et une légère augmentation en 2008 avec un peu plus de 25 000 entrées[1]. Le graphique 1 montre cette évolution. Le nombre d’entrées a diminué en 2012 et 2013, à environ 15 000 entrées, essentiellement en raison d’une politique mise en place en 2012, rendant obligatoire une nuitée dans le PNL pour les personnes arrivant par les entrées de Giriyondo et Pafuri. Cette politique a cependant eu pour effet une augmentation du pourcentage de nuitées passées dans le PNL, de 21 % en 2012 à 63 % en 2013. Cependant, ce pourcentage de 63 % ne reflète que partiellement le nombre réel de touristes ayant passé une nuit dans le PNL. Plusieurs personnes qui traversaient le PNL pour affaires ou pour se rendre sur la côte mozambicaine depuis l’Afrique du Sud (« bush to beach travel ») avant la mise en place de cette politique en 2012 paient aujourd’hui une nuitée en camping, ce qui leur permet de traverser le PNL, mais n’y passent pas la nuit. Le nombre réel de personnes dormant dans le PNL est par conséquent bien inférieur. Cette politique a eu pour effet d’augmenter également les revenus annuels du PNL de 5 % de 2011 à 2012, et de 12 % de 2011 à 2013.

 

schema_041. Évolution du nombre d’entrées annuels dans le PNL

 

schema_052. Revenus annuels générés

 

Un développement limité, mais de bonnes avancées légales et stratégiques

Les facteurs ayant limité le développement de ce potentiel touristique incluent les retards dans la mise en place des concessions touristiques, les retards dans le processus de déplacement volontaire des populations de la zone centrale du PNL, une visibilité et une renommée encore limitées du PNL, un faible marketing, un attrait encore limité pour les touristes (infrastructures limitées, concentration de faune dans des zones inaccessibles, produits touristiques limités) et une augmentation de l’insécurité liée au braconnage. La contribution du projet financé par l’AFD au développement du potentiel touristique a concerné l’amélioration de l’offre en hébergement et de l’accueil des touristes. Les opportunités récréatives ainsi que l’implication du secteur privé, limitées aujourd’hui au camp de Machampane, sont également faibles.

Néanmoins, les directives pour la mise en place des concessions touristiques ont été approuvées en 2015 et le PNL dispose d’une vision stratégique de développement du tourisme (PSDT élaboré en 2012). Cette vision est basée sur une collaboration étroite avec le Parc national du Kruger (PNK) afin de faciliter l’accès des touristes aux différentes zones du PNL. Il est vraisemblable que l’octroi des concessions et le développement des infrastructures, équipements et services prendra encore quelques années. Les revenus du PNL ne devraient par conséquent pas augmenter considérablement dans les années à venir, ce qui posera probablement des défis en termes financiers pour le PNL à court terme.

 

 

Des impacts encore limités en terme de développement touristique

Jusqu’à aujourd’hui, le nombre annuel de touristes visitant le PNL est donc encore limité et le tourisme génère de modestes revenus qui ne représente que 20 à 25 % des coûts d’opération annuels.

Par ailleurs, les revenus directs et indirects générés par le développement du tourisme pour les communautés sont, à ce jour, relativement faibles.

Bien que les projections faites dans la stratégie de développement touristique soient probables à long terme, les revenus du PNL ne devraient pas croître considérablement à court terme. Le développement du tourisme prendra probablement quelques années encore avant qu’il ne génère suffisamment de revenus pour couvrir les frais de fonctionnement du PNL, mais également pour appuyer des activités de développement socio-économique de plus grande ampleur.

Notes :

[1] La diminution du nombre d’entrées en 2014, ainsi que du pourcentage de nuitées passées dans le PNL et des revenus annuels découle des tensions politiques vécues en 2014 en lien avec les élections présidentielles organisées cette année-là.